Namibie (2016)

 

De Palmwag à Grootberg
Big damage


La nuit a été extrêmement venteuse dans le désert rocailleux de Palmwag et le sommeil fut intermittent.
 
Alors qu'une toute petite étape nous attend, nous nous réveillons tous deux avec des maux de gorge. Nous repensons à Steven, notre guide de Purros malade, et comprenons qu'il nous a laissé un petit souvenir.
 
Heureusement, dans le trousse à pharmacie il y a toujours des pastilles pour la gorge. Nous allons donc commencer notre cure d'Oropolis.
 
Nous quittons le Desert Rhino Camp très tranquillement vers 8h. Jo, notre chauffeur pose les valises sur la banquette arrière, et un jeune homme du village est assis à côté, avec pour mission de vérifier que tout va bien. Une femme qui travaille au lodge se joint également à nous, elle va juste à côté de Grootberg, notre étape du jour, et demande si nous pouvons l'y déposer, ce que nous acceptons avec grand plaisir.

Le 4x4 traverse la concession dans l'autre sens, les pistes sont bumpys. Tout à coup, le chauffeur s'arrête et va à l'arrière du véhicule. Il en revient avec une de nos valises.
 
Big damage nous dit-il !!!! Euh oui comment dire, la valise est comme qui dirait un peu abimée pour ne pas dire foutue !!!!
 
 
Vous remarquerez quand même que si le tissu n'a pas résisté il n'en est pas de même pour l'armature. Delsey c'est du solide !!
 
Nous réalisons alors que la valise était à peine attachée sur la banquette arrière du 4x4 uniquement par la ceinture de sécurité qui avait été enroulée autour de la poignée et qu'elle a visiblement été trainée sur plusieurs mètres après sa chute.
 
S'en suit un échange animé entre Jo et le jeune homme qui n'a pas bien surveillé et qui avoue s'être endormi (je ne sais pas comment on peut dormir sur une piste aussi remuante ... l'habitude probablement).
 
Nous expliquons à Jo (par ailleurs fautif car c'est lui qui a installé les bagages) que ce n'est pas grave, que nous allons prendre contact avec le lodge et faire jouer l'assurance.
 
Celui-ci nous explique alors qu'il va avoir un "bad report" et qu'il va être renvoyé. Nous sommes en Afrique, la protection des salariés n'est pas la même que chez nous, et nous ne souhaitons pas qu'il perde son emploi.
 
Jo nous propose alors de nous dédommager. Nous hésitons, partagé entre sa négligence et un sentiment de gêne ... il insiste, expliquant qu'il est fautif, qu'il veut garder son job et qu'il doit nous indemniser.
 
Nous comprenons des échanges qu'il a avec les deux autres personnes, que ce n'est pas son premier incident mais le 3ème ...
 
Finalement, après palabres, nous convenons d'une somme, ridicule pour nous par rapport au prix d'achat de la valise (mais elle avait quelques années de voyage derrière elle) mais certainement importante pour lui.
 
Jo nous propose un deal : il nous dépose la somme au Grootberg Lodge, notre prochaine étape, dans la journée. Si nous n'avons pas l'argent ce soir, nous pourrons contacter le lodge et faire jouer l'assurance.
 
Marché conclu.
 
Nous arrivons à Palm Twee, parking où nous avions laissé notre 4x4 deux jours plus tôt, juste à côté de la gate de la concession. Le ranger à la gate est le même et vient papoter un peu avec nous, savoir ce que nous avons vu dans la concession. Il est un peu interloqué par l'état de notre valise.
 
Nous quittons un Jo dépité et partons en direction du sud. Nous faisons le plein, puis passons la barrière vétérinaire.

Notre passagère reçoit un appel téléphonique. Elle ne parle pas mais hurle dans le téléphone. Décidement, cette matinée n'est pas de tout repos.
Un voyant s'allume sur le tableau de bord indiquant que nous devons faire le plein. Alors, comment dire, nous venons juste de le faire le plein, et la jauge est au plus haut. Y a comme qui dirait un problème !!! Les mystères de l'électronique ...
 

Nous prenons la Grootberg Pass,
 

et arrivons au pied du Grootberg Lodge en fin de matinée. Nous y laissons notre passagère, apparemment quelqu'un viendra la chercher en début d'après-midi. Nos oreilles profitent enfin du calme, car elle a hurlé au téléphone tout le trajet.
 
Nous empruntons la fameuse piste pentue qui mène au lodge (et ca grimpe bien mais le 4x4 passe tout seul). Sur le plateau, quelques oryx et zèbres profitent de l'ombre des arbres.
 
A l'accueil, on nous indique fièrement que nous avons le chalet le plus proche de la piscine. Aïe pas cool. Nous demandons si il est possible d'avoir un autre chalet, plus loin, très loin de la piscine, ce qui surprend notre interlocuteur car pour lui c'est la meilleure place. Peut-être, mais certainement pas pour nous. Il nous donne un autre chalet, plus loin, mais nous explique qu'ils viennent juste de le nettoyer de fond en comble car les précédents touristes y avaient trouvé des scorpions.
 
This is Africa !
 
Le chalet est confortable et la vue extraordinaire (si on vient au Grootberg Lodge c'est pour ça).
 
 
Après les maux de gorge, les maux de tête font leur apparition. Après les pastilles, nous nous dopons au paracétamol.
 
Nous avions prévu de faire une randonnée accompagnée, mais nous ne nous en sentons pas la force (d'autant qu'il fait très chaud) et privilégions le repos au chalet (en vérifiant de temps en temps si quelques scorpions ne font pas leur apparition). Lecture, cartes postales, sieste, contemplation, médicaments égrenneront l'après-midi.
 
En fin de journée, on nous annonce qu'un colis a été déposé pour nous. Jo a respecté le deal, mais au lieu d'y trouver la somme convenue, nous y trouvons 140 USD, probablement toutes ses économies.  Là nous nous sentons vraiment mal, nous les touristes privilégiés ... Dilemne. Aujourd'hui il est trop tard, mais nous décidons d'aller rendre l'argent en trop demain matin.
 

Les lumières du soleil couchant apparaissent sur le canyon, et cloturent joliment une journée qui n'aura pas été une des meilleures de notre voyage.


 



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